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 Paint it black!

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MessageSujet: Paint it black!    Jeu 17 Nov - 16:37

Niven venait de poser le pied sur le nouveau continent depuis quelques semaines seulement qu’il avait déjà reçu une invitation pour le vernissage d’un peintre inconnu d’une galerie d’art quelconque. Il s’était fait un contact avec un propriétaire de galerie lors d’une soirée arrosé dans un bar de la ville de New York. Comme quoi porter le kilt et tenir le whisky pouvait être un avantage certain. Le propriétaire lui avait envoyé plusieurs invitations qu’il avait refusées poliment au départ.

Il lui semblait toujours drôle de se rendre compte qu’au tout départ de sa vie, il travaillait dans une usine, sans le sou, et qu’à présent on l’invitait à des soirées mondaines sans intérêt et des inaugurations ennuyantes. Il avait travaillé pour que ce soit le cas évidemment mais ça ne finissait jamais de le faire sourire. Il avait cédé alors qu’il avait rencontré le propriétaire de la galerie lors d’une promenade près de Time Square.

Il avait fait un effort et avait mit un costume bleu à la forme basique mais bien coupé, une cravate rouge qui déjà lui donnait envie de s’étrangler avec. Il était entré dans la galerie, carton d’invitation dans la main gauche et sa main droite réceptionna une coupe de champagne alors qu’il s’approchait du premier tableau, un sourcil arqué. Il n’était pas sûr d’identifier ce qu’il voyait.

Il y avait déjà un certain nombre de personne dans la pièce qui se baladaient lentement entre les différents tableaux. Tous semblaient crouler sous l’argent à ne plus savoir qu’en faire. La soirée s’annonçait longue.

Une demi-heure plus tard, une deuxième coupe dans la main droite, un groupe s’était formé autour de lui et d’un énième tableau qu’il avait pris pour un jeu des sept erreurs avec le précédent. Tous avait une discussion animée sur le caractère politique (nul à son humble avis) du dit tableau alors qu’ils attendaient l’arrivée du peintre, qui comme tout artiste qui se respecte, se devait d’être en retard. Du moins c’est le message qui lui avait envoyé par téléphone le propriétaire de la galerie qui était, apparemment, allé le chercher il ne savait où. Pourquoi l’informait-il, lui ? Il n’en avait aucune idée mais il l’avait annoncé avec un air faussement grave aux quelques personnes à ses coté.

« On sent par l’usage des couleurs que le peintre a voulu faire part de son bouleversement face à la guerre en Irak. » commenta un homme légèrement bedonnant. « C’est émouvant ! »

« Ah bon ? »

Niven se retourna vers le tableau en question qui pour lui n’était qu’un amas de couleur indigeste. Lui qui pourtant croyait aimer l’art, était des plus sceptiques à l’heure qu’il était et se retenait de faire part de sa pensée. A se réprimer ainsi, il allait finir avec un ulcère.

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MessageSujet: Re: Paint it black!    Ven 18 Nov - 16:07

Je devais à peine avoir rendu mon manuscrit terminé depuis une petite semaine que mon éditeur m'envoyait déjà une invitation pour le vernissage d'un peintre dont je n'avais jamais entendu parler. A vrai dire, je me demandais si quelqu'un en avait déjà entendu parler, sans doute pas plus que moi. Je venais juste de terminer mon livre et malgré l'enthousiasme de mon éditeur, qui pouvait savoir comment il serait accueilli par la critique et le public. Est-ce que mon style plairait ? Mais bon. Je n'écrivais pas pour eux, seulement pour moi. Faire des recherches me plaisait et je pouvais creuser de cette façon, des sujets que je n'abordais pas dans le cadre de mon métier de journaliste. En l’occurrence, j'avais fait d'énormes recherches concernant la démonologie, l'ésotérique et l'occultisme. Sans savoir pourquoi, quelque chose attisait ma curiosité, comme si j'aurais besoin de ces informations un jour ou l'autre. Enfin... je ne me préoccupais pas vraiment de ça. A vrai dire, je ne me préoccupais de rien, seulement mon éditeur m'avait bien fait comprendre que je devais être présent à ce vernissage, le succès de mon livre en dépendait. Soit.

C'est donc vêtu d'un costume bleu marine, un nœud papillon blanc sur une chemise de la même couleur et une fine écharpe bordeaux. Le style était un peu chic mais je devais faire bonne impression. Si je voulais continuer à écrire des romans, il fallait que ce premier soit un succès, sinon j'étais bon pour me trouver un nouvel éditeur et ce ne serait pas évident. Il me fallait jouer le jeu, au moins en apparence. Dès mon entrée dans le hall principal, les tableaux me firent hausser un sourcil. Les couleurs étaient criardes, les sujets superficiels voire inexistants, je soupirais. La soirée s'annonçait longue.

Je trainais donc dans la galerie, un verre de vin blanc à la main avant de me faire accroché par mon éditeur. Il me présenta à de nombreux mondains auxquels je souris sans toutefois être hypocrite. J'avais mon propre humour et il ne sembla pas déplaire, bon je faisais attention à ne pas enfonce des portes ouvertes aussi. J'avais une fâcheuse tendance à être assez drôle pour que les personnes concernées se vexent. Un petit défaut. Ou alors les américains ne comprenaient décidément pas l'humour anglais. Oui, sans aucun doute, c'était ça. Chauvin ? Mais non voyons ! L'Empire Britannique n'est pas le seul à avoir été aussi puissant et imposant...... J'aperçus alors un groupe de personnes stationnant autours d'un tableau en particulier. Piqué de curiosité, je m'excusais auprès de mon éditeur et ses amis pour rejoindre le groupe.

« On sent par l’usage des couleurs que le peintre a voulu faire part de son bouleversement face à la guerre en Irak. »
disait un homme dont l'embonpoint devait être gênant pour s'asseoir dans le bus.

Je souris légèrement en regardant la toile un moment et bus une gorgée de mon vin blanc.

« Mais tout à fait. La multiplicité des couleurs et la matière informe qu'elles dessinent inspirent un réel vertige et des nausées que tout témoins de la guerre en Irak a du ressentir. Ce tableau nous inspire la réalité de la douleur des soldats et des civils décimés. Un tournis et un dégoût... un peu comme la Première Guerre Mondiale et les poilus dans les tranchées, n'est-ce pas ?... »

Pousser l'ironie dans ses coins les plus sombres était mon dada. Certes, peu de personnes le comprenait mais je n'en avais rien à faire. Cela m'amusait de me moquer aussi ouvertement des tableaux de ce peintre. S'il vendait quelques toiles ce soir, qu'il en profite, ce serait sans doute les dernières. Je bus une autre gorgée alors que des gens acquiesçaient à mes paroles dans un murmure qui devint brouhaha. Encore plus drôle. Mon sourire n'en finissait pas de s'étirer.

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MessageSujet: Re: Paint it black!    Dim 20 Nov - 9:24

Le début d’ulcère de Niven avait été stoppé dans son élan alors qu’un bel accent anglais se faisait entendre à ses côtés. Une remarque qui semblait être passé comme un avis honnête et supplémentaire sur l’intérêt que représentait le tableau en face d’eux. Deux femmes gloussèrent de contentement. Mais pour l’écossais, il ne percevait que la voix sarcastique qui n’exprimait qu’une chose « Mais quelle horreur ! » ou du moins un avis approchant.

« En effet, au vu du tableau, la douleur devait être proche de l’incompréhensible. » commenta le britannique avec un air faussement compatissent.

Il se retourna vers celui qui venait de faire la remarque acerbe. Un jeune homme…enfin, « jeune » était plutôt relatif quand on avait déjà passé deux siècles et demi. Plutôt grand et élancé et habillé élégamment. L’inconnu but une gorgée de sa coupe cachant avec difficulté un sourire moqueur.

Niven était presque surpris de se rendre compte qu’il n’était pas le seul à trouver ces tableaux douteux. Après ce commentaire, les quelques personnes autour d’eux se dispersèrent afin d’admirer un autre chef-d’œuvre alors que l’écossais n’en était qu’à attendre patiemment que le temps passe.

Il fit un pas dans la direction de la personne qui semblait venir d’Angleterre avant de lui adresser la parole :

« Je me demande la raison pour laquelle vous n’avez pas encore fui cet endroit. »

Sa coupe finie, il la posa sur le plateau d’un serveur qui passait à ses côtés. Elle chancela quelques secondes, mais ne tomba pas.

« Si la personne m’ayant invité n’avait pas été le propriétaire de la galerie, je pense que je me serais déjà enfui par la fenêtre. » remarqua-t-il en jetant un coup d’œil à l’extérieur. Il n’aurait pas dit non à un verre dans un bar quelconque de la ville. C’était un bon début de soirée, le temps était agréable à l’extérieur et jour de semaine oblige, les rues calmes.

« Mais, j’avoue, je reste aussi parce qu’on m’a promit de m’offrir un repas. » ajouta-t-il sans aucun gène d’être potentiellement considéré comme un pique-assiette.

S’il avait réussi à se faire un petit butin au fil des années, Niven n’en était pas devenu moins radin, ancien vestige de sa condition de prolétaire. L’argent ne fait pas le bonheur, mais il y contribue, pensait-il souvent. Il ne disait que rarement non si on lui proposait un verre ou un repas pour quelconque raison que ce soit.




Dernière édition par Niven Boyd le Lun 21 Nov - 20:12, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Paint it black!    Lun 21 Nov - 9:08

Qui aurait pensé que je recevrais une réponse distincte à mon ironie prononcée ? Personne, encore moins moi. D'une voix claire, une remarque tout aussi cynique que la mienne s'éleva non loin de moi. Accent écossais, un des rares qui pouvait comprendre le sens véritable de mes paroles aux Etats-Unis. Je ne disais pas par là que les américains étaient stupides, non loin de moi. Quoique.. Mais ils n'avaient le même humour, pas la même subtilité, ni sensibilité. Je doutais même que mes livres soient entièrement compris ou alors il me faudrait rencontrer mes lecteurs fidèles car ce seront des gens particulièrement intéressants.

Je souris en levant les yeux vers celui qui allait devenir mon interlocuteur. Ni jeune ni âgé, il avait un style que j'aurais pu reconnaître entre mille et qui venait de la petite île sur laquelle j'avais grandi. Les gens se dispersèrent quelques peu, nous permettant de nous rencontrer. J'avançais de quelques pas, il en fit de même. Étrange de se retrouver face à une personne qui nous ressemble lorsque nous sommes dans un pays à la mentalité si différente depuis autant d'années.

Je souris légèrement aux remarques de mon homologue. Il ne se sentait pas à l'aise dans cette galerie. Pas plus que moi en fait. Mais peut-être que la soirée s'annonçait légèrement moins ennuyante maintenant que cet individu se trouvait dans les parages.

« Un repas gratuit, ça ne se refuse pas c'est une évidence. Surtout quand on mange des pâtes tous les jours. »

Un léger rire. Oui je n'aimais pas cuisiner et je n'étais pas encore un grand écrivain même si ma carrière de journaliste avait le vent en poupe, le salaire mensuel n'était pas énorme. Sûr que je n'étais pas pauvre et si j'avais eu des notions en cuisine, j'aurais pu me préparer de petits plats simples. Sauf que ce n'était pas le cas. C'était des pâtes, de la purée, du riz et traiteur une fois par mois. Alors un repas cuisiné et gastronomique gratuit, pas question de refuser.

« Cain Northman » dis-je alors en tendant ma main vers lui. Je souriais légèrement et avalais une gorgée de vin.

« Alors comme ça vous connaissez le propriétaire de la galerie ? Laissez-moi douter de son goût pour l'art. Une peinture aussi nauséeuse ne devrait même pas exister. C'est un coup à rendre les gens aveugles. »

J'en profitais pour le détailler, comme si j'avais pu lire en lui même si j'en étais bien incapable. Il n'avait pas l'air hypocrite et dénué de bon sens, non, il avait même un certain goût pour l'art puisqu'il n'aimait clairement pas celui-là. Non décidément, moi qui n'était pas très social, je ne voyais aucune raison de m'éclipser et de lui fausser compagnie. Au contraire, la soirée paraîtrait moins longue s'il convenait également de la passer avec moi.

Mon regard fut alors attiré par une dame plutôt âgée derrière lui, attifée d'une robe bleue d'une coupe douteuse. De la fourrure dépassait du col plongeant dans un corsage vulgaire et inutile compte tenue de son âge. Une légère grimace déforma mes lèvres ne pouvant cacher mon regard clairement dirigé vers elle. Je finis par secouer la tête légèrement pour reporter mon attention sur mon interlocuteur plus intéressant. Un nouveau sourire orna mes lèvres.

« Allons nous installer au bar pour parler si vous voulez bien, cette pièce me donne de l'urticaire. »

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MessageSujet: Re: Paint it black!    Lun 21 Nov - 13:50

Il était drôle pour Niven de voir ô combien on avait tendance à s’accrocher comme à une bouée à la mer à nos semblable. S’il ne reniait aucunement ses origines, le british ne pouvait pas dire qu’il aimait son pays tout entier. Certaines personnes lui donnait des envies de meurtre ; La reine la première mais c’était sans nul doute un trait des plus écossais. Mais quand on était à l’autre bout de la planète, on avait tendance à se rappeler plus les bons souvenirs que les mauvais moments, qui plus est quand il fallait s’adapter à une culture comme celle des Etats-Unis si proche mais si différente à la fois. Reconnaître dans une foule un semblable, c’était avoir un compagnon qui savait ce que vous enduriez.

Qui plus est dans les moments où on se trouvait face à une peinture aussi horrible et que personne semblait s’en rendre compte.

Il eut un léger rire à la remarque pleine de bon sens de son homologue on ne peut plus britannique. Tant bien même il n’était pas assez attentif pour deviner tous les accents britanniques à la région prêt, il ne lui était pas difficile de savoir que son interlocuteur était, plus que britannique, anglais.

Niven prit la main que lui tendait ledit Cain et eu un sourire avant de se présenter à son tour.

« Niven Boyd, je viens d’arriver à New York. »

Il rit de nouveau après avoir bu une gorgée de sa propre coupe et finit par s’expliquer :

« Oh, enfin connaître est un bien grand mot. Il m’a prit en affection après une soirée arrosée. Je suppose que ça crée des liens de tenir la porte des toilettes pour que l’autre puisse rendre son déjeuner. »

En l’espace d’une minute, il avait sans aucun doute ruiné la répétition du dit propriétaire aux yeux du jeune anglais. Seulement, pour lui, il ne voyait pas le mal de le cacher et après tout, il avait trouvé ça drôle. Et c’était une douce vengeance pour l’obliger à patienter ici.

« Mais je lui ferais part de vos remarques quand on aura fini le repas…qu’il ne m’en prive pas par esprit revanchard. »

Et de toute manière au vue du peu qu’il tenait l’alcool, il serait trop éméché pour lui dire quoique ce soit au moment de s’attaquer au dessert.

Il se retourna alors que Cain laisser apparaître une moue dégouté sur son visage. Il ne put empécher un rire étouffé par son point avant de se rapprocher du jeune homme et de lui répondre :

« Je vous suivrais où vous voulez si on s’éloigne de ces tableaux et de la faune environnante alors si en plus vous me proposez de l’alcool, je ne saurais refuser. »

Tous deux se dirigèrent vers le bar (et on aurait presque pu croire qu’ils gambadaient). Celui-ci n’était pas forcément très grand mais au vue des nombreuses bouteilles qui se trouvèrent derrière le comptoir. Il était sûr qu’il ne serait pas difficile de trouver son bonheur.

« Qu’est-ce que je vous sers, messieurs ? » Le barman s’était penché sur le comptoir pour leur adresser la parole. Le bar était presque vide, la majorité des invités se promenant de tableaux en tableaux.

« Un China Blue, s’il vous plaît. » Il se retourna vers Cain et lui demanda « et pour vous? »

Il commençait léger. Il ne savait pas combien de temps ils allaient attendre au bar et il avait déjà bu deux verres de champagnes, ce qui était certes, peu pour le rendre soul mais ils ne faisaient qu’entamer la soirée.

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MessageSujet: Re: Paint it black!    Lun 21 Nov - 21:21

Niven Boyd. So scottish. Si je peux me permettre. Je souris à son nom qui confirmait la présence de son accent. Je devais bien avouer qu'il me donnait un peu la nostalgie des british islands, il en devenait même séduisant rien que par ce fait. Je trouvais ça amusant. A moins que ce soit les verres de vin blanc qui commençaient à faire leur effet ? Je n'avais pas compté le nombre de verres mais une chose était sûre c'est que je n'avais jamais vu un verre vide entre mes mains. Peut-être que c'était mon premier verre mais que je ne tenais pas l'alcool ? Est-ce que je tenais l'alcool en fait ? Je me souvenais avoir bu, je me souvenais avoir fait des choses étranges sous l'effet de l'alcool mais impossible de me souvenir quelle quantité j'avais ingurgité entre les deux étapes. Je penchais légèrement la tête, étonné de moi-même.

Mais je repris mes esprits pour lui sourire alors qu'il serrait ma main. Je finis par la récupérer et par pur réflexe j'enfournais celle-ci dans ma poche. Je l'accompagnais quand il but une gorgée et l'écoutais parler avec intérêt. Je ne pus que rire lorsqu'il me raconta son lien avec le propriétaire de la galerie dont la réputation ne semblait pas être très distinguée. A vrai dire autant que l'artiste qu'il souhaitait lancer ce soir. Pauvre Niven, il était puni pour avoir aidé un parfait inconnu à remplir une cuvette de toilettes publiques. Si ce n'était pas injuste, je ne savais pas ce qu'était l'injustice.

« Oui il vaut mieux raconter et recevoir des ragots lorsque l'on a le ventre plein de toute façon... »


Niven Boyd s'approcha alors légèrement pour accepter ma proposition de changer de pièce. Il était du même avis que moi et en plus il aimait boire. Un parfait écossais, jusqu'au bout du verre ! Je souris en l'entrainant vers le bar. Très peu de monde, ils étaient tous fascinés par l'artiste. Ils avaient tous mauvais goûts. On s'installa sur deux chaises hautes côte à côte et il commanda un China Blue. N'ayant aucune idée de ce dont il s'agissait, je commandais la même chose. Ben quoi ? J'ai le goût du risque moi. J'ai vu tous les Indiana Jones une bonne centaine de fois chacuns. Ainsi que la Guerre des Etoiles. Sauf que n'était pas Harrisson Ford qui voulait. Encore moins moi. J'étais d'un autre genre d'aventuriers, un genre moins viril.

« Et en fait, c'est quoi ce China Blue ? Ils mettent quoi dedans ? » demandais-je enfin.

On nous apporta les boissons, comme le nom le laissait prévoir le liquide était aussi bleu qu'un schtroumpfs et j'eus peur un instant d'en devenir un en avalant le liquide. Mais ma raison (si peu fiable) m'affirma qu'il n'y avait aucun danger. Soit. De toute façon j'étais un aventurier et avant de laisser le temps à Niven de répondre je trempais mes lèvres curieuses dans le liquide surnaturel. Un goût de fruit envahit ma cavité buccale avant que la chaleur de l'alcool ne réchauffe tout mon œsophage avec une douceur lente. Un régal. Je hochais là tête.

« C'est super bon ! »lâchais-je sans aucune élégance. « Et vous faites quoi dans la vie ? Vous devez quand même être bien placé pour tenir la porte des toilettes à un propriétaire de galerie d'art, je me trompe ? »

Ce n'était pas que le bonhomme m'intéressait. Peut-être un peu, et sans aucun doute beaucoup plus que tous les autres pingouins se dandinant devant les cadres à la limite du phosphorescent. Et puis de toute façon, j'étais curieux. Déformation professionnelle selon certains. Mais du plus loin que je m'en souvienne, je l'ai toujours été. Mais peu importait. Ce qui importait c'était : qu'est-ce qu'un britannique faisait à New-York ? Plus généralement aux Etats-Unis. J'étais dans le même cas, et ça m'intéressait de le savoir. A moins que....

Je bus une nouvelle gorgée avant de regarder le dos de ma main puis l'intérieur. Non, je ne me transformais pas en schtroumpf.

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MessageSujet: Re: Paint it black!    Mar 22 Nov - 10:02


Cain semblait joyeux. Etait-ce les quelques coupes de vin blanc ingurgité ou dans sa nature ? Niven ne connaissait pas encore suffisament son interlocuteur pour se faire une idée. Dans tous les cas, il n’agissait pas bizarrement. Il semblait juste joyeux, léger, de bonne humeur et que ce soit un trait de caractère ou simplement un effet dû à la boisson, ça ne dérangeait aucunement l’écossais. Surtout que ledit Cain avait l’humour fin.

« En effet, ça amortit mieux sur la bedaine qu’on se crée après un repas copieux. » rajouta-naturellement Niven à la remarque de l’anglais.

Cela fit sourire l’écossais que Cain demande une boisson, qu’il ne connaissait apparemment pas. Il semblait quelque peu curieux face au liquide bleu qui se trouvait dans son verre. Il lui en demanda la composition mais ne l’attendit aucunement pour en goûter le contenu.

« Pas grand-chose, vraiment. Du curaçao, de la liqueur de lychee, du jus de pamplemousse…principalement. » Répondit-il de mémoire. « Enfin, c’est une boisson de fille qu’on m’a souvent dit, mais c’est bien pour commencer une soirée. »

La réaction de l’anglais au moment de goûter le cocktail était impayable et Niven ne put s’empêcher d’éclater de rire. Cette exclamation soudaine et sans raccourci détonnaient avec l’allure bien chic de Cain. Comme quoi, ce n’était pas que pour ces tableaux hideux qu’il n’était pas semblable aux personnes se trouvant dans la galerie. Niven ne pouvait pas faire d’estimation sur la richesse de l’anglais, il n’était pas dans ce milieu depuis suffisamment longtemps pour être aussi sensible à l’odeur de l’argent mais il lui était quasiment sûr que l’anglais n’était pas du genre à se pavaner ou à se créer une image. Rien que pour ça, il l’appréciait déjà.

« Ce que je fais dans la vie ?...ah, vaste question. » Et ce n’était peu dire. « Je suis comédien. » avoua-t-il avec un petit sourire de côté alors qu’il goutait à sa boisson pour la première fois ce soir-là. Exquise. L’amertume du pamplemousse et de l’alcool était délicatement cachée et cela se buvait comme du petit lait. Tant bien même il était préférable pour le moment de ne pas l’engloutir comme il était capable d’engloutir du lait. De toute manière, cela faisait une bonne entrée en bouche. Ce n’était pourtant pas un cocktail toujours bien servit dans les bars puisque l’amertume du pamplemousse ajoutait à celle de l’alcool n’était pas forcément si facile que ça à atténuer.

« Enfin, comédien de théâtre, je ne compte pas faire de grande carrière mais j’aime le théâtre et je me disais que ça pouvait être sympa. »

En vérité, il était sincèrement heureux de monter sur les planches tant bien même il continuait à se faire aussi discret que possible. Cela pouvait être contradictoire mais après tout, il n’avait encore jamais eu aucun problème. Les humains avaient la mémoire courte, il fallait penser.

« Et vous ? Seriez-vous chanteur ? Danseur ? Ou bien peintre ce qui expliquerait votre aversion pour ces tableaux hideux. Je vous vois bien dans les arts en tout cas. Que faites vous par ici ?»

Pas de réelle raison à cela, plus une intuition. Une deuxième gorgée de ce China Blue et un léger sourire alors que son interlocuteur auscultait sa main, la paume puis le dos.

« Je ne pense pas qu’on puisse encore trouver des hormones dans les cocktails, même aux Etats-Unis, donc n’ayez crainte, il y a peu de risque que vous vous transformiez. » dit-il sur un ton taquin plus que moqueur. Au vue de l’exemple d’humour dont pouvait faire part l’anglais, il était sûr qu’il n’aurait pas besoin de s’expliquer, ni de s’excuser…comme ça avait déjà été le cas dans le passé avec d’autres personnes peu habitué à son humour.
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MessageSujet: Re: Paint it black!    Mar 22 Nov - 18:27

Alors les fruits que j'avais senti étaient le lychee et le pamplemousse. Le premier était bien peu commun pour un cocktail mais l'effet en était d'autant plus surprenant et agréable. Non franchement, je ne m'y connaissais pas beaucoup en cocktail (en général je buvais surtout de la bière achetée en grande surface) mais celui-ci était particulièrement bon. Il me fallait retenir le nom pour pouvoir en redemander un lorsqu'il m'arriverait de sortir ou si j'étais (par malheur) réinvité à ce genre de soirées. Je souris à la remarque de mon compagnon de soirée.

« Une boisson de filles... ok elles sont sensibles à l'alcool fort mais comme vous dites pour commencer, c'est une boisson agréable. »


Allons bon. Je regardais mon verre. Il était vide. Quand est-ce que je l'avais fini ? Je ne m'en étais pas aperçu. Une moue de déception fleurit sur mes lèvres alors que je nous commandais deux gin tonic pour la suite. De toute façon c'était boissons à volonté ce soir, alors autant ne pas s'en priver car c'était quelque chose qui revenait cher.

Je fus surpris par la réponse de Niven. Acteur de Théâtre ! Mais c'était fantastique. Sans doute avait-il la tête d'un artiste, je n'aurais pas pu l'affirmer d'un seul regard mais sans aucun doute que son caractère écossais devait lui être d'un atout considérable dans ce pays. Il pouvait interpréter des facettes multiples et des mimiques que sans doute les américains étaient incapables de faire. J'étais peut-être chauvin mais lorsque je devais choisir entre les qualités d'un américain et celles d'un britannique, il ne faisait aucun doute que mon cœur penchait vers le britannique. Encore fallait-il qu'il ait un minimum de talent (ce dont je ne doutais pas), cependant en tant que critique, même si j'étais spécialisé dans l'économie, je savais reconnaître un bon acteur d'un mauvais lorsqu'il jouait.

« Acteur ! Vous jouez actuellement dans une pièce ? Il faudra que je vienne vous voir dès que je pourrais. Quoique... seulement si c'est du Shakespeare, un des seuls auteurs valables avec Oscar Wilde bien évidemment. »


Bon c'est vrai, je connaissais à peine ce Niven et je n'avais pas pour habitude d'être à ce point amical avec le tout un chacun. Seulement voilà le contexte : la soirée était minable, j'avais bu et il était écossais. Ce sont des circonstances atténuantes. Il ne paraissait pas plus sur la défensive que moi cela dit et c'était appréciable, sinon je crois que je serais simplement retourner dans ma grotte-appartement terminer mon hibernation.

Il me questionna à mon tour et j'eus un sourire. Ce garçon était décidément drôle.

« Non rien de tout ça. Je suis journaliste économique et je tente de me lancer dans les romans en parallèle, je viens de rendre mon premier manuscrit à l'éditeur qui m'a invité ici. Je me dis que je l'ai peut-être mal choisi maintenant. »
ajoutais-je avec une légère grimace.

Je levais les yeux vers lui alors que je regardais ma main non schtroumphée. Un nouveau sourire.

« On ne sait jamais avec cette couleur, je me suis vu en schtroumph l'espace d'une seconde. Mais ce serait bien triste de manger seulement de la salsepareille et de ne pas être invité à de si belles soirées. »

On nous apporta les verres de gin tonic, on trinqua et je bus une gorgée. Je m'accoudais sur le comptoir un instant pour tendre le coup et voir derrière. Le barman me regarda avec des yeux noirs et me demanda ce que je voulais. Je répondis immédiatement « cacahuètes » avec un sourire. Le barman grommela un semblant d'insulte avant de nous les apporter. Je le remerciais feignant de ne pas l'avoir entendu. Ce genre de choses m'arrivaient trop souvent pour que j'y accorde un tant soit peu d'importance. Et je grignotais une arachide en reportant mon attention sur Niven.

« Vous pourriez me faire une ptite démonstration de votre talent ? »
Je souris.

Je savais que la plupart des gens aurait refusé une telle demande et sans doute la plupart des britanniques aussi. Mais j'étais curieux et désinhibé alors je ne me formalisais pas de la politesse de ma question, d'autant que je n'avais aucune intention perverse derrière, je ne voulais pas le piéger, j'étais simplement curieux.

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MessageSujet: Re: Paint it black!    Mar 22 Nov - 21:53

Le verre de Cain se vida très vite, plus vite qu’il ne l’avait pensé et l’anglais, semblait lui-même surpris de voir qu’il était déjà vide. Il était toujours difficile de trouver l’alcool qui plairait à quelqu’un, qui plus est si la personne n’était pas une adepte de la boisson dès le départ, alors Niven était plutôt satisfait de lui-même d’avoir fait mouche. Pour sa part, il était assez bon public donc il était difficile de le décevoir.

Alors quand l’anglais leur commanda un gin tonic, il l’accepta avec plaisir. Ayant finit le China Blue entre temps, il rendit le verre avant qu’on ne lui serve le prochain. Depuis le début de la soirée, ils s’étaient essayé à trois alcools différents et il savait que ça n’aiderait pas leurs états de sobriété esquintés et qu’au contraire, ils risquaient de finir comme la première fois avec ce fameux propriétaire de galerie : à rendre leur petit déjeuner …ou du moins les hors-d’œuvre du vernissage.

Cela dit, ce n’était pas suffisant pour qu’il fasse une remarque à ce propos.

« J’aime Shakespeare justement. J’ai joué dans une reprise de Hamlet en Angleterre, juste avant d’arriver ici. Cela dit, je suis libre à l’instant même. Je n’ai pas encore intégré de troupe ou quoique ce soit. »

Amateur de tout recommencer à zéro, il avait décidé de venir sans suivre qui que ce soit, un peu au hasard et sans réel objectif dans sa tête en ce qui concernait le théâtre. Il avait envie d’en faire mais n’avait pas d’idée précise et il pensait que c’était mieux ainsi. Après tout Shakespeare était anglais, il lui était difficile de penser à le voir interpréter aux Etats-Unis. Ah ces chauvins d’européens…

« J’aime Oscar Wilde aussi mais il est plus difficile à jouer je trouve. » Ou plutôt il en avait moins l’occasion. Shakespeare était un monument. Oscar Wilde aussi, mais pas de la même manière. « Enfin, j’aime énormément son Dorian gray et ses contes. Ses pièces de théâtre légèrement moins. »

Il tapota sur l’épaule de l’anglais alors qu’il avalait la moitié de son verre et lui fit remarquer d’un ton léger.

« Mais dès que je trouve quelqu’un qui veut de moi et de mon accent d’écossais, je vous fais signe pour que vous rigoliez un peu. »

Il ne put s’empêcher de rire à la remarque de l’éditeur et dut poser son verre pour reprendre son souffle.

« Ne vous inquiétez pas, ces gars là sont des businessmans pas des amateurs d’art comme vous et moi. Ou alors, s’il arrive ici, on peut toujours lui rentrer dedans et lui voler le manuscrit avant qu’il ne le lise. Il paraît que je ne suis pas mauvais en diversion»

C’est à ce moment-là que le serveur se décida à leur donner les verres commandé tout en jetant un drôle de regard audit comédien. Il devait, sans doute, avoir entendu par inadvertance les derniers mots que venait de prononcer Niven. Hors de son contexte et au premier degré, cela pouvait paraître inquiétant. Alors que Cain se penchait par-dessus le comptoir sous le regard de l’écossais hilare, le serveur semblait loin de jubiler et devait sans doute penser que ces deux gars qui buvaient trop allaient finir par lui causer des problèmes. Lui-même en venait à penser que le fameux peintre et sa garde rapprochée feraient mieux de se dépêcher d’arriver.

« Vous ne buvez pas souvent ? » Demanda-t-il de manière presque abrupte en se remettant à ricaner légèrement à la remarque sur les schtroumphs « Enfin, je vous préviens dès que vous tournez bleu. »

Niven but une deuxième gorgée de sa boisson avant de laisser paraitre un sourire amusée à la demande innocente de son interlocuteur.

« Ici ? Maintenant ? »

Au vue de ses yeux brillants, Cain s’était très vite alcoolisé et semblé quelque peu désinhibé. Sans doute qu’il ne le lui aurait pas demandé en d’autres circonstances mais ça ne gênait pas forcément l’écossais qui n’avait jamais eu grande pudeur. Et puis c'était un peu comme les adolescents qui s'ennuyaient et se lançaient des challenges stupides pour faire passer le temps.

« Qu’est-ce qui vous ferez plaisir ? Du Shakespeare ou du Wilde ? A moins qu’autre chose ne vous plaisent plus ? »

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MessageSujet: Re: Paint it black!    Mer 23 Nov - 8:58

Niven n'avait pour l'instant pas de travail. Apparemment, il semblait être venu aux Etats-Unis de son propre chef. C'était courageux et pas forcément stupide. Il pourrait bien mieux se lancer en étant ici, tout du moins s'il comptait sur une carrière internationale. Sinon, il réussirait forcément s'il avait un peu de talent. On voyait trop de chose horrible dans l'art, dans les théâtres comme dans les galeries d'art. Il aimait Shakespeare, moins Wilde concernant les pièces de Théâtre. C'était son choix après tout mais j'avais assisté à une représentation de l'Importance d'être Constant et j'avais été bluffé par le texte. Il fallait que la mise en scène sobre mais efficace avait également joué un rôle dans le fait que j'apprécie la pièce.

Il me tapota l'épaule alors qu'il terminait son verre, je souris. Je n'étais pas fan des contacts physiques et en temps normal j'aurais eu le réflexe de reculer mais l'alcool diminuait mon temps de réaction et le mal était fait quand je m'en rendis compte. Mais à vrai dire, ça ne m'avait pas dérangé plus que ça. Je l'avais simplement remarqué. Un coup d'oeil à mon compagnon de soirée me permis de me rendre compte qu'il avait l'air beaucoup moins sous l'effet de l'alcool que moi. J'en fus touché dans mon orgueil et je décidais de ralentir sur la boisson (le temps qu'il me rattrape). J'avais ma fierté, encore plus en compagnie d'autres britanniques. Et même si j'agissais souvent étrangement pour la plupart des gens, qu'ils n'appréciaient pas mon humour, j'avais quand même de l'égo.

Je ne pus que rire quand il me trouva une solution pour me sauver des griffes d'un éditeur manquant de goût.

« Ce serait une solution mais je ne crois pas qu'il l'ait sur lui. » répondis-je « Au pire, je lui donnerais des conseils pour qu'il ait de meilleur goût. Ce genre de personnes sont influençables. Il suffit que mon livre soit un succès. Ce qui n'est pas encore fait. »

Le barman ne semblait vraiment pas apprécier notre compagnie. Il voyait d'un mauvais oeil nos conversations, bien qu'elles n'aient absolument rien de spécial. Mais notre façon de parler, pris hors contexte, en entendant que des bribes, pouvait paraître étrange je le reconnais. Je fis un immense sourire plein d'ironie à ce dernier qui pesta en allant servir d'autres personnes. Je ris doucement.

« Je crois qu'il nous faudra bientôt changer de QG, le barman n'apprécie pas notre humour »

Je bus une autre gorgée alors que Niven faisait de même.

« Bien sûr que je bois souvent, en tout cas quand l'alcool est gratuit. Sinon c'est une bière de temps en temps devant un vieux film en noir et blanc enfoncé dans mon canapé avec un bol de céréales. »

Mais finalement, mon interlocuteur acceptait de répondre à ma curiosité et j'en étais enchanté. Il me demandait même de choisir la pièce de théâtre et mon sourire s'élargit. Ni de Shakespeare, ni de Wilde. Ce serait du Cyrano, car pour moi, malgré le talent incontestable de Shakespeare, la meilleure pièce au monde était celle d'Edmond Rostand. Le talent et la triste vie de ce monstre qui maniait les mots à la perfection était le personnage le plus touchant de ce genre littéraire selon moi.

« Ici et maintenant ! Et si vous connaissez une tirade de Cyrano de Bergerac, faites vous plaisir. Sinon, je vous laisse le choix et surprenez moi... »

Un nouveau sourire, plus je le regardais, plus il me semblait le connaître depuis longtemps alors que ce n'était pas le cas. Ces expressions, son regard vif, cela faisait longtemps que je n'avais pas vu une telle vivacité chez quelqu'un, c'était rafraichissant. Les américains avaient tous ce je-ne-sais-quoi d'un peu pataud même pour les plus enthousiastes.

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MessageSujet: Re: Paint it black!    Mer 23 Nov - 20:40

« Oh, je ne doute pas de votre talent. » dit l’écossais tant bien même il ne l’avait pas encore lu. Ou bien ce serait alors une terrible déception en décalage complet avec le caractère de l’anglais qui se profilait. « Donnez moi le nom et j’irais l’acheter dès qu’il sort. »

A la remarque réaliste de Cain à propos du barman peu enchanté par leurs présences, l’écossais se pencha à son tour légèrement sur le comptoir pour jeter un coup d’œil audit barman qui servait alors deux clients un peu plus loin.
En effet, leurs humours un peu provocateurs ne devaient pas être appréciés au moment des heures de travail. Ou alors ils considéraient les britanniques comme des gens orgueilleux et pet de sec et le peu qu’il entendait ne faisait que le confirmer Dans tous les cas, Cain avait tout à fait raison, à cette allure, ils allaient devoir trouver une nouvelle cachette.

« J’ose espérer que nos retardataires arriveront à temps ou je serais sans doute mort d’ennui. »
Il eut un moment de silence avant de rire et de continuer « Pas que votre présence ne me déplaise, cher Northman, mais je la préférerais dans un vrai bar. Et si vous tenez bien l’alcool, alors je connais un endroit sympathique où les boissons sont à prix cassés. »

Cain pouvait être satisfait, s’il le savait. Aussi sociable que pouvait l’être Niven, il tenait à garder ses endroits préférés secrets. Simplement parce que quand on cherchait à ne pas trop s’attacher aux gens, ils étaient plus facile de disparaitre quand personne ne connaissaient ses habitudes.

« Vous avez bon goût ! » commenta-t-il avant de s’éclaircir la voix. « Je me permets alors de choisir ma tirade préférée. »

Il y avait toujours ce petit trac de quelque seconde qui le prenait au ventre et puis les mots qui venaient naturellement comme s’ils étaient siens. Réciter des classiques, il adorait cela.

« Ah! non! C’est un peu court, jeune homme! »
Commença-t-il, sourire aux lèvres alors que du bout du majeur il effleurait le nez de son compère.
Il se redressa : « On pouvait dire...Oh! Dieu!...bien des choses en somme...
En variant le ton, par exemple, tenez: »


Il se redressa, bomba le torse et continua : « Agressif : " Moi, monsieur, si j'avais un tel nez,
Il faudrait sur-le-champ que je me l'amputasse! " »
Tout en mimant rapidement les ciseaux qui coupent près de son propre nez.

Niven se leva de son siège, quasi sans s’en rendre compte alors qu’il continuait dans sa tirade sans effort : « Amical : " Mais il doit tremper dans votre tasse!
Pour boire, faites-vous fabriquer un hanap! " »


Quand il l’entendait, il riait toujours à cette citation tellement il la trouvait drôle et pleine d’esprit mais surtout venait son passage préféré.

« Descriptif : " C'est un roc!...c'est un pic!...c'est un cap! » et sa voix qui montait légèrement dans les tons, « Que dis-je, c'est un cap?... C'est une péninsule! " »

Le péninsule, il l’avait quasi crié telle une révélation, écartant un bras qui manqua de faire tomber un verre qui resta sur le comptoir que par le pur hasard. Le barman était alors trop loin pour éviter quelque chute et était prêt à exprimer son mécontentement au moment même où quelqu’un prit la parole en premier.

« Boyd, ce n’est pas une séance de théâtre mais un vernissage, voyons. »

Trop absorbé par sa tirade qu’il avait déclamée à son seul spectateur avec tout son cœur, il ne s’était pas rendu compte que le propriétaire de la galerie était juste derrière lui.

« Henry, vous voilà ! » s’exclama-t-il sans aucune honte apparente, « Saviez-vous que c’est mon professeur d’art dramatique qui m’avait fait réciter cette tirade devant une classe entière pour se moquer de la taille de mon nez ? Il me trouvait trop bruyant ! »

Il se rassit et eut un léger sourire pour Cain en lui disant sur le ton de confidence.

« Je peux continuer plus tard si vous en voulez plus. » puis se retournant finalement vers le nouvel arrivant, il continua : « voici mon nouvel ami, Cain Northman, un écrivain prometteur à ne pas en douter ! Où se trouve donc votre fameux peintre ? »

Réciter des classiques le rendaient toujours bavard, ça, l’effet de l’alcool qui montait doucement et le plaisir de se moquer de son entourage qui semblaient quelques peu décontenancé de l’attitude des deux britanniques.
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MessageSujet: Re: Paint it black!    Jeu 24 Nov - 12:38

Nous avions tout le temps de parler de mon livre. Surtout si on nous virait de ce vernissage et au vue des regards autour de nous, c'était une chose qui ne saurait tarder. Cependant un grand sourire éclaira mon visage lorsque Niven m'annonça qu'il acceptait ma proposition et qu'il connaissait Cyrano. Il choisit la réplique la plus connue bien évidemment mais il fallait dire que c'était également la meilleure et que seul un passionné pouvait connaître de par cœur. C'était, semble-t-il, le cas. Je m'en réjouissais. Il commença immédiatement, sous mon regard pétillant, c'était tellement rare de rencontrer quelqu'un dans son genre, sans honte ni complexe. Je n'étais plus habitué.

Son jeu était classique certes, mais une pointe d'originalité faisait qu'on était scotché à ses lèvres. Il me toucha le bout du nez se leva, s'emportant, bougeant entrainé par sa tirade. Je souriais comme un effet face à un spectacle de marionnettes. Il avait beau ne pas payer de mine, il avait quelque chose qui attirait inévitablement l'attention. Au final, je trouvais cette soirée et ce Niven vraiment agréable. Enfin plus Niven que la soirée en elle-même il fallait l'avouer.

Mais au paroxysme de la tirade, un vieux bonhomme aigri coupa Niven dans son élan le sermonnant sur le fait qu'il n'était pas dans un théâtre mais dans une galerie d'art. Évidemment, le propriétaire alcoolique. Je lui jetais un regard noir en chuchotant doucement « J'espère qu'il n'a pas forcé sur l'alcool ce soir... ». Niven se rassit malheureusement, j'étais bien frustré de ne pas voir la fin de la tirade et j'en voulais énormément à cet Henry peu importe son influence. L'écossais nous présenta pourtant et je dévisageais l'homme délibérément.

« Ah tiens, Henry... »
puisque je ne connaissais pas son nom de famille « Niven m'a beaucoup parlé de vous. » Demi-sourire ironique. Je pensais évidemment à leur rencontre qui n'avait rien de glorieux.

Je me retournais pour siroter mon verre n'accordant volontairement plus d'importance au nouvel arrivant. Il venait perturber une soirée qui s'annonçait intéressante et une tirade que j'appréciais beaucoup. De plus il était celui qui avait choisi l'artiste à promouvoir ce soir. Bref, cet homme ne me plaisait absolument pas et je ne me forçais pas en des manières hypocrites qui n'avaient jamais été mon fort de toute façon.

Mon verre se terminait déjà, j'aurais dû être pompette mais l'intervention de cet Henry m'avait dégrisé, il me faudrait d'autres verres pour retrouver mon état de gaieté. Non pas que je n'étais pas heureux, mais j'étais plus cynique à jeun. Sans doute même à la limite du vexant, je me connaissais un minimum et je n'avais pas fini journaliste économique pour rien. J'avais la fibre critique dans le sang à ce qu'on me disait.

J'aurais aimé délaisser cet endroit et les gens insignifiants qui s'y trouvaient pour aller boire un verre en toute amitié avec ma nouvelle connaissance. Mais il était un invité du propriétaire lui-même et ne pouvait pas s'eclipser, je le supposais en tout cas. Pour ma part, je m'étais montré comme le voulais mon éditeur, je n'avais plus de raison de rester ici. Je commandais un autre verre du même alcool (évitons les mélanges autant que possible) histoire de passer le temps pendant que Niven conversait avec son ami. Je levais les yeux vers le barman qui souriait en coin en nous regardant. Que voyait-il ? Impossible savoir sauf si je le demandais. Ce que je fis. Il prit la peine de répondre, sans doute car nous étions un bon amusement pour lui tant que nous ne buvions pas à nous roulez sous les tables. Je bus une gorgée d'alcool en le regardant et l'écoutant.

« Ahah, dommage pour vous, vous étiez bien parti mais vous rentrerez seul ce soir. »
Il ricanna légèrement, moqueur.

De quoi parlait-il ? Je levais un sourcil. Rentrer seul ? Oui comme d'habitude vu que j'habitais seul et non en colocation. Dommage pour quoi ? Parce-que mon interlocuteur parlait à un autre ? Il avait bien le droit de faire ce qu'il voulait. Non, décidément, je ne comprenais pas la réflexion du barman et je répondis à côté de la plaque en lui disant que de toute façon nous n'étions pas colocataires, dans tous les cas je serais rentré seul. Un de mes petits défauts, je pouvais avoir un esprit critique pointu, dès qu'il s'agissait de contacts humains rapprochés me concernant, je ne comprenais pas les plus lourds sous-entendus. Un jour cela me perdrait probablement.

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MessageSujet: Re: Paint it black!    Jeu 24 Nov - 18:29

Il semblait à Niven que Cain appréciait sa petite représentation privée. Il avait les yeux brillants et un sourire accroché au visage alors qu’il buvait son verre. Comme un enfant, l’écossais prenait plaisir à déclamer et avoir son public solitaire : tout faire pour époustoufler et attirer l’attention. A ce niveau-là, il n’avait pas énormément grandit. Après tout, chez les adultes, on ne se faisait pas des amis aussi vite. Mais comme les enfants, Cain lui avait tout de suite plu. Ou bien, son accent anglais puisque ce fut la première chose qu’il vit ou plutôt entendit du personnage.

Arrêté dans sa tirade, Niven tenta de reprendre une attitude un peu plus adulte même s’il était difficile avec l’excitation de la tirade et l’alcool qui montait légèrement. Il n’était pas plus aidé par l’expression de Cain qui s’était assombrit à l’arrivé du propriétaire de la galerie. Il ne pouvait s’empêcher de trouver cela adorable et avait presque envie de lui pincer les joues pour l’agacer un peu plus et voir sa réaction. Il ne connaissait pas encore le jeune homme suffisamment pour savoir s’il était déçu d’avoir été interrompu lors de leur conversation animée, s’il était simplement peu social ou pour quelques raisons que ce soit.

« J’espère qu’il n’en a pas trop dit, il a tendance à être bien trop bavard pour son propre bien. » commenta poliment le propriétaire mais qui apparemment était quelque peu gêné par la remarque du jeune écrivain.

Cain ne semblait absolument pas intéressé par le nouvel arrivant puisqu’il lui tourna le dos de manière presque rude. Ce qui ne fit qu’élargir le sourire de Niven qui trouvait la différence d’attitude de l’anglais complètement radicale. Le propriétaire semblait un peu plus vexé mais ne dit mot avant de continuer sa conversation avec l’écossais. Ce dernier jeta un coup d’œil à l’anglais qui avait commandé un nouveau verre.

« Je vous avouerais, Henry, ce n’est pas trop mon genre d’art. » commença l’écossais alors qu’on lui demandait son avis sur les œuvres. «Et à vrai dire, mon ami et moi, nous nous ennuyons après avoir analysé encore et encore chaque tableau de cette salle. »

C’était un vil mensonge vu qu’ils n’avaient pas cherché à faire plus d’effort que ça avant d’aller rejoindre le bar mais son interlocuteur n’avait pas à le savoir.

« Hm, le peintre allait porter un toast, donc restez à moins pour cela et je vous libère par la suite ! » Finit-il par lâcher « mais Boyd, ma proposition pour le restaurant sera pour une autre fois. Je dois rester jusqu’à la fin. »

L’écossais acquiesça et fit remarquer avec le sourire qu’il n’oubliait pas ce genre de promesse avant de se retourner vers Cain, toujours assis, alors que le barman s’éloignait. Il n’avait pas entendu l’échange qui venait de se faire et avec toute innocence mit les pieds dans le plat :

« J’espère que je ne dérange pas ! »

Il commanda un énième verre avant de continuer sur le ton de la conversation :

« On a à subir un toast et après nous sommes libres comme l’air. Vous avez une préférence en matière de restaurant ? »

Il avait envie d’une bonne discussion et d’en savoir plus sur son interlocuteur anglais. Or le contexte actuel ne semblait pas très approprié, qui plus est pour Caïn qui semblait en avoir assez à présent.

« Evidemment, si je vous ennuis, ne vous sentez pas obligé d’accepter ! » finit-il souriant et légèrement confiant.




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MessageSujet: Re: Paint it black!    Ven 25 Nov - 15:41

Je lançais une cacahuètes dans ma bouche alors que mes pensées tournaient encore à propos de ce qu'avait dit le barman. J'avais beau chercher, je ne voyais pas où il voulait en venir. C'est à ce moment que Niven coupa court à sa conversation avec le propriétaire et revint vers moi. AH. Je souris, content d'avoir de nouveau son attention. Cependant lui aussi semblait vouloir faire exploser mon cerveau ce soir. Me déranger ? Pourquoi ? Dans ma digestion de l'alcool et des cacahuètes ingurgités au long de la soirée. Pourquoi d'autres à vrai dire ? Ça ne me venait pas à l'esprit et je stoppais là mes réflexions histoire de ne pas faire une hémorragie crânienne.

Finalement, Niven commanda un autre verre en annonçant une bonne nouvelle. Nous n'aurions plus à trainer ici très longtemps car le peintre devait porter un toast, nous devions y assister (Niven en tout cas) et après nous aurions quartier libre pour nous enfuir comme la souris sous les pieds d'un éléphant. Cette nouvelle me redonna le sourire et je grignotais une autre cacahuètes pour la peine. Mon ventre grogna légèrement « shhh » fis-je doucement. En fait j'avais faim, surtout avec l'alcool que nous buvions. Il n'y avait plus qu'à espérer que le peintre se dépêcherait. Les artistes ont la fâcheuse manie d'être en retard pour se faire désirer.

« Bien sûr que j'accepte ! On rencontre trop peu de britanniques dans le coin. Ironie du sort puisque nous avons peuplé ce continent. »

J'eus un léger rire en buvant une gorgée d'alcool et je me tournais vers lui. Sa passion d'un peu plus tôt semblait éteinte et j'en fus un peu déçu mais il était le même homme et souhaitait ma compagnie, donc je n'avais pas à me plaindre. Le barman en passant lâcha quelques mots « ah, je me suis peut-être trompé, vous n'abandonnez jamais. » Je ne tournais même pas les yeux vers lui. Je ne comprenais de toute façon pas ce que cet homme racontait alors inutile de lui prêter attention. Je trouvais le comportement des gens souvent étranges, alors soit ils étaient bizarres, soit c'était moi. Bien entendu, de mon point de vue, c'était un eux les bizarres même si je me savais en marge de la société.

« Je connais un bar sympathique dans le quartier, ils font également à manger. Ce n'est pas de la gastronomie mais c'est bon et pas très cher. Est-ce que ça vous va ? »

Ce bar ne payait pas de mine, mais j'y allais souvent pour rédiger mes articles devant une tasse de thé ou une bière pression selon l'heure et mes envies. Les patrons étaient aimables et les assiettes propres. Je crois qu'à ce niveau là on ne pouvait pas demander mieux d'autant que l'ambiance était agréable, un peu old-fashioned, de quoi satisfaire les nostalgiques de Fonzie et Olivia Newton-John.

« Je vous préviens, je n'aime pas votre ami Henry. » Je souris « En plus il vous a coupé en plein élan, j'espère que nous aurons une autre occasion. Du peu que j'ai pu voir vous devez avoir une présence certaine sur scène. »

Ce n'était pas dans mon habitude de complimenter les gens, cependant je faisais un effort pour Niven car je devais le reconnaître, il avait du talent. Une personne normale, si l'on peut dire, aurait été bien plus prolifique en éloge mais le peu que je venais de dire signifiait déjà beaucoup lorsque l'on me connaissait. Bon d'accord, Niven ne me connaissait pas et ne pouvait donc pas savoir quel enthousiasme m'avait animé en l'entendant, ou alors je ne m'en étais pas rendu compte. Ah, l'alcool. Une autre gorgée, un sourire.

Mais enfin, du monde se rassemblait vers un endroit de la grande salle et une tête blonde apparue au dessus des autres alors que cet homme montait sur l'estrade. Sans aucun doute, le peintre. Sans aucun le toast. Enfin !! J'attrapais une poignet de cacahuètes, mon verre et me levais pour me rapprocher.

« Allons écouter les paroles intelligentes de l'artiste de ce soir, peut-être qu'il nous donnera l'éclairage dont on a besoin pour pouvoir regarder ses tableaux. A travers des lunettes 3D par exemple... »

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MessageSujet: Re: Paint it black!    Dim 27 Nov - 7:18

Cain sembla retrouver son habituel sourire quand Niven vint l’interrompre dans sa conversation (ou bien son manque de communication) avec le barman. L’anglais ne sembla pas comprendre son sous-entendu au vu de l’expression curieuse qu’il affichait et l’écossais se contenta d’esquisser un sourire amusé de la situation. Il semblait que Cain était plus qu’un simple britannique à l’esprit vif et au sarcasme aisé. Il nota cela dans un coin de sa tête. Cela pouvait toujours s’avérer utile pour taquiner son interlocuteur amateur de cacahuète.

« Parfait » en émettant un petit rire au trait d’esprit de Cain.

Il fallait avouer qu’il aurait été déçu que l’anglais refuse sa proposition, tant bien même il l’aurait caché au mieux. Le barman se rapprocha et laissa échapper quelques mots que Cain ignora avec brio. Un tel dédain et absolument pas feint, c’était rare et admirable. Niven n’entendit pas exactement ce que dit l’inconnu mais au vu de son expression, ça devait être du même acabit que ce venait de lui dire Niven.

« Ca m’a l’air intéressant. Je n’aime pas payer des fortunes pour un plat minuscule alors votre petit bar m’ira avec ravir. Je vous fais confiance.»

Il n’était arrivé que depuis récemment à New York et c’était une ville immense, regorgeant de bars, de restaurants et tout ce qu’on puisse désirer pour peu qu’on ait un peu d’imagination. Il n’avait donc pas encore eu le temps de pouvoir voir tout ce qu’il voulait et après tout, il était sûr que ça lui prendrait des années. En attendant, il était enclin à toute invitation où qu’elle soit du moment que c’était sous le signe de la bonne humeur.

Il hocha la tête à la confidence de Cain qui ne l’étonna pas plus que ça au vu de sa réaction quand le propriétaire de la galerie était arrivé.

« Ne vous inquiétez pas, je n’en suis pas vexé. » répondit-il avant de continuer : « et je suis bavard donc vous n’aurez pas de mal à me faire monologuer. J’espère être aussi bon que vous semblez le dire, cela dit.»

Niven avait beau avoir suffisamment confiance en soi pour être à l’aise en société, il n’était pas pourtant affligé d’un égo surdimensionné. Il était devenu comédien parce qu’il aimait le théâtre et avait beaucoup vu au cours de sa longue vie. On lui avait souvent dit qu’il était à l’aise devant les autres mais ça ne faisait pas tout. Au pire, il savait qu’il pouvait toujours changer de profession quand il en aurait assez. Il était devenu un expert en matière de caméléon.

Ils n’eurent pas le temps de reprendre réelle discussion que le peintre apparut, ou du moins le haut de son crâne au dessus d’une foule de gens qui s’étaient réunis autour de ce qu’il pensait être une estrade. Il suivit Cain sans oublier sans verre au comptoir et se rapprocher histoire de faire acte de présence.

« Du moment, qu’ils nous font pas payer un supplément pour les lunettes. » ajouta Niven alors qu’il se rappelait à quel point il détestait les films en 3D au cinéma, entre autre pour le prix.

Henry, satisfait, leur fit un petit signe de la main ce qui ne manquerait pas d’irriter Cain, pensa l’écossais.

« Bonjour tous, » commença le peintre qui ne semblait pas être très à l’aise à l’oral. « Je…je vous remercie d’être venue ce soir. »

On l’applaudit ce que Niven feint de faire avant de prendre une gorgée de sa boisson.

« Je tenais tous d’abord à expliquer un peu ma démarche durant la réalisation de ces tableaux. J’ai voulu à travers le choix des couleurs et leurs positionnements mettre en avant le processus de la créativité. »

L’écossais se fit violence pour ne pas éclater de rire et cacha le tout derrière un éternuement maladroit. Heureusement qu’ils n’étaient pas au premier rang de la petite assemblée ou cela aurait pu être voyant.

Le peintre donna des explications un peu alambiquées pendant plusieurs minutes avant de se rendre compte que son public semblait proche du sommeil stade profond. C’est à ce moment là qu’il jugea nécessaire de porter son toast ce qu’il fit en levant son verre. Niven fit de même avec sa coupe à présent vide puisque bue durant les explications afin de se maintenir éveillé.

Ceci fait, tous applaudir une nouvelle fois ce que l’écossais se permit d’oublier de faire puisque plus occupé à se retourner vers Cain.

« Et si nous y allions avant de se faire harponner par quelqu’un ? »
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MessageSujet: Re: Paint it black!    Dim 27 Nov - 14:01

Je ris légèrement à la réponse de Niven. Payer un supplément pour les lunettes 3D ? Et puis quoi encore. Encore fallait-il que sa peinture veuille dire quelque chose à la base ce dont je doutais considérablement. Et je n'avais pas si tort que ça. Les explications que le peintre donna me donnèrent plusieurs envie d'éclater de rire. Au lieu de ça, un sourire moqueur flottait sur mes lèvres quand elles ne trempaient pas dans l'alcool. A côté de moi Niven semblait en proie à la même difficulté : cacher son amusement du mieux possible même si ce n'était vraiment pas une chose facile. Déjà, nous ne voyions qu'un bout du visage de l'artiste selon où il se plaçait, le problème étant qu'il bougeait considérablement. En tout cas suffisamment pour donne le vertige aux gens qui se trouvaient devant lui. Mais ces derniers tinrent bon, j'étais admiratifs.... ou pas, car c'était des idiots surtout. Je ne pris pas la peine d'applaudir une seule fois. A quoi bon ? C'était de l'honnêteté après tout ! Lorsqu'il eut terminé, Niven se tourna vers moi pour m'inviter à nous éclipser rapidement. Je souris en terminant mon verre cul-sec avant de le déposer sur le plateau d'une hôtesse qui passait par là.

« Oui vous avez r.... » Trop tard.

« Cain ! Cain ? Ah tu es là ! Tu as disparu toute la soirée, je voulais te présenter à Van Gurden, l'économiste. »
attaqua mon éditeur en nous rejoignant.

Je lâchais un énorme soupir, visiblement ennuyé et je souris un peu en lui faisant clairement comprendre que ce n'était pas le moment et que j'étais hors de contact pour ce soir.

« J'étais avec Monsieur Boyd. Et justement nous avions des projets pour la soirée, donc vous me présenterais Van Gurdasse une prochaine fois. »

Nouveau sourire ironique alors que je me dirigeais déjà vers les vestiaires pour récupérer mes affaires. Je n'avais vraiment pas envie de rester une seconde de plus dans cette galerie, mon nœud papillon me serrait, j'avais envie de le laisser dans la première poubelle venue. Bon, je ne regrettais tout de même pas ma venue ici car sinon je n'aurais pas rencontrer ce Niven qui me faisait particulièrement bonne impression. Il n'était pas superficiel comme toutes ces autres personnes et c'était un vrai rafraîchissement. De toute façon, si je ne trouvais pas cet homme intéressant, je ne serais pas en train de partir dîner avec lui. C'était une évidence qui allait de soi.

J'attrapais la veste que l'hôtesse me tendit et j'attendis que Niven soit prêt pour sortir. Le vent fut saisissant et je refermais mon col jusqu'en haut, rentrant la tête dans les épaules.

« Heureusement que ce n'est pas très loin ! » affirmais-je en souriant à Niven.

Et je l'entrainais dans le quartier, à deux ou trois rue de là où nous nous trouvions. Le bar ne semblait pas bien rempli, il y aurait largement assez de place pour nous. Je poussais la porte.

« Salut John ! On vient pour manger, ça ira ? » On nous répondit avec énormément de chaleur et John nous laissa nous installer avant de nous apporter une pinte chacun, offert par la maison. Vraiment agréable le service, comme d'habitude.

« Qu'en dites-vous alors, Niven ? »

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MessageSujet: Re: Paint it black!    Mar 29 Nov - 9:01

Niven fit la même chose que Cain en finissant ce qu’il restait de sa coupe qui alla bientôt rejoindre celle de l’anglais sur le plateau de la serveuse qui passait par là. Sur ce, tous deux s’apprêtaient à fuir lorsqu’ils furent interomput par une voix derrière eux. Ils se retournèrent et tant bien même leur interlocuteur ne chercha pas à se présenter, Niven sut tout de suite qu’il avait à faire à l’éditeur de son nouvel ami. Celui-ci voulait lui présenter un économiste dont l’écossais ignorait le nom mais Cain ne semblait que peu disposer et coupa court à toute demande. Tout en s’esquivant avec l’anglais, Niven se retourna avec un sourire contrit à l’éditeur laissé comme deux ronds de flanc.

Cela dit, il n’en était pas moins bien heureux de s’évader de la galerie en compagnie d’une personne qui s’avérait intéressante. Le temps que l’hôtesse aille chercher son manteau, il défit la cravate qui finissait par l’incommoder. Et enfilant le dit manteau, il l’enfourna dans la poche intérieure avant de suivre Cain au dehors.

Tout de suite, il regretta presque de ne plus être à l’intérieur. Il ne savait pas si c’était parce qu’il avait cette étrange affinité avec le feu, mais il craignait beaucoup le froid. Ce qui est plutôt dommage quand on est écossais et qu’on a l’habitude de la pluie plus que du réel beau temps. L’hiver approchant, la température tombait drastiquement sur New York et le vent était brutal. Il remonta le col de son manteau, fourra ses mains dans les poches et suivit l’anglais au petit pas.

« Heureusement, où il faudra me porter parce que je pense finir rapidement en glaçon. »

Ils n’eurent, comme l’avait prédit Cain, pas à marcher trop longtemps et en quelques minutes, ils arrivèrent devant un bar qui ne semblait pas immense mais de dehors, l’ambiance semblait déjà bien chaleureuse. Et cerise sur le gâteau, il semblait avoir suffisamment de place pour deux frigorifiés comme eux.

Ils entrèrent et furent tout de suite accueillit avec chaleur par un dénommé John que Cain semblait bien connaître. Comme quoi, les relations avaient toujours du bon puisqu’ils furent installés vers le fond, un peu tranquille et près d’un des radiateurs. Il n’en fallait pas plus pour mettre Niven de bonne humeur. Alors l’arrivée de la pinte offerte par la maison le rendit extatique.

« Comme je vous l’ais dit, si on m’offre quelque chose, je suis heureux. » commença-t-il avec un grand sourire « Mais c’est en effet un endroit charmant. J’espère que vous ne m’en voudrez pas si je tends à vous voler cette bonne adresse pour moi-même. »

Il y avait là l’ambiance parfaite pour l’écossais. Chaleureux mais sans être trop imposante. Tout ce qu’il lui fallait. Il prit en main un des menus qu’un serveur leur tendit et en analysa le contenu avec sérieux. La faim lui était aussi venue depuis et il lisait chaque ligne avec envie, presque incapable à se décider.

Au bout de quelques minutes, il opta pour un menu avant de lever les yeux vers Cain, pour savoir si lui aussi était décidé.

Il but une gorgée de la pinte qu’on leur avait offerte plus tôt, et commença dès à présent la conversation en posant une question qui lui brulait les lèvres depuis qu’il avait rencontré son nouvel ami.

« Pourquoi les Etats-unis alors? »

Après tout, c’était une question intéressante. Son interlocuteur lui semblait si british et ressemblait plus ou moins à un ovni dans le paysage. Ce qui n’était pas forcément pour lui déplaire puisqu’il appréciait les gens qui sortaient du commun des mortels. Il lui semblait que cela faisait longtemps qu’il n’avait pas rencontré quelqu’un d’un peu original.

Le serveur arriva pour prendre commande et Niven montra son choix en pointant dans le menu avant de prendre celui de Cain. Celui-ci partit, l’écossais continua.

« Vous m’avez dit être …journaliste économique, n’est-ce pas ? Pour quel journal ? »
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MessageSujet: Re: Paint it black!    Mer 30 Nov - 15:53

Mon nouvel ami n'avait pas l'air mécontent que l'endroit soit juste à côté de la galerie de vernissage. Il avait tout simplement l'air frigorifié dehors, c'était plutôt étrange pour un écossais. Il ne faisait pas si froid que cela. Le vent était certes un peu vif mais pas de quoi fouetter un chat. Quoiqu'il en soit, John nous installa dans un coin près du radiateur en voyant Niven qui claquait presque des dents. Ah qu'il était prévenant ce petit John. Enfin petit... Je lui souris un instant, il avait toujours été ainsi, parfois la bonté pouvait être intrinsèque aux gens et j'en avais perdu l'habitude car cette qualité ne courrait plus les rues et était simplement appelée : naïveté.

Je bus une gorgée de ma pinte alors que Niven commandait un menu. Je fis de même avec le plat du jour qui avait l'air excellent. L'écossais semblait un peu curieux sur ma personne et je ne pouvais pas lui en vouloir. Nous n'avions pas vraiment eu le temps de nous connaître jusqu'à présent, trop occupés à critique les œuvres splendides dont nous venions de quitter la compagnie. Je le laissais mariner le temps que John s'éloigne pour lancer notre commande, avec un petit sourire en coin qui aurait pu signifier la pire des choses comme la plus banale. Enfin, je ramenais la mèche de cheveux qui me gênait en arrière et je lui répondis avec plaisir. Après tout, mon but n'était pas de le faire fuir, si tant est que j'avais un but.

« Ne vous en faites pas vous pouvez très bien venir ici, mais je vous préviens on risque de se croiser souvent du coup »

Je lui lançais un sourire amusé. C'était un peu mon lieu de travail ce bar alors oui, j'y étais une bonne partie de la journée quand j'y venais. Mais je continuais tout de même pour ne pas faire plus attendre mon ami.

« Pourquoi les États-Unis ? C'est une bonne question... Enfin non pas vraiment. Je veux dire par là que je voulais voir du pays après mes études et je suis venu ici, entre autre par facilité linguistique. Je ne regrette pas vraiment, j'aime ce que je fais. »

Un nouveau sourire. Oui c'était vrai, je ne mentais que rarement (et encore). Mon métier de journaliste me plaisait et qui sait, je parviendrais peut-être à me faire une place chez les romanciers.

« J'écris pour le Sunday Economic, vous connaissez ?... mais j'aimerais aussi vous retourner la question à propos des États-Unis ? Pourquoi être venu ici alors que le rêve américain se porte si mal ces temps-ci ? »

John nous apporta alors nos entrées et je glissais un 'bon appétit' à l'écossais avec de prendre un bout de salade pour l'écouter. Comme d'habitude, ce n'était pas de la gastronomie, mais ce n'était pas ce que l'on demandais à cet établissement. C'était bon et chaleureux, pour moi c'était largement suffisant et je me régalais avec ma salade de chèvre chaud qu'ils étaient probablement les seuls à faire dans tout le pays frileux de fromages forts.

Je levais les yeux vers mon vis-à-vis qui avait également commencer. En réalité, j'attendais aussi son verdict.

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MessageSujet: Re: Paint it black!    Ven 2 Déc - 16:17

La chaleur du radiateur et de la pièce finit par rapidement réchauffer Niven, qui en quelques minutes à l’extérieur avait réussi à déjà être frigorifié. Là, ça allait mieux, et il se sentait, automatiquement, se détendre au fur et à mesure des minutes. Face à lui, Cain semblait être un expert des suspens vu la manière dont il attendait que le serveur soit partie pour continuer la discussion. Sur le ton de la plaisanterie, l’écossais répondit à l’anglais :

« Oh, ce serait dommage. »

L’explication de Cain quant à son arrivée sur le continent américain semblait tout à fait acceptable et à n’en pas douter, les Etats-Unis devaient proposer des possibilités de carrière importante pour un littéraire comme Cain qui semblait officier en tant que journaliste économique.

Il acquiesça alors que Cain continuait de s’expliquer avant de se gratter le haut du crâne quand on lui posa à son tour la même question.

« Sunday Economic ? J’avoue, je lis peu la presse économique donc je connais de nom mais ne me suis encore jamais procuré…Mais cela ne serait tarder maintenant que j’y trouve un intérêt. »

Il lissa le bout de sa serviette avant de continuer après quelques secondes de réflexion.

« C’est vrai que le rêve américain s’est un peu essoufflé mais… je suppose que je vais à mon propre rythme et que les Etats-Unis ne m’ont fait de l’œil que récemment. J’avais juste envie de quitter la Grande-Bretagne pour un moment, je l’ai fait en long et en large. Et comme vous, les Etats-Unis me semblaient plus simple comme objectif de par notre langue commune. »

Evidemment, il ne dit pas qu’il avait vécu trop longtemps en Grande-Bretagne et que s’inventer des vies lui était devenu un peu lassant. Partir à l’étranger lui permettait de recommencer à zéro pour quelques temps. Quand on a vécu plus deux cent ans dans le même coin, l’herbe semble plus verte de l’autre côté de l’Atlantique.

De base, Niven n’aimait pas spécialement mentir. C’était seulement nécessaire. Il essayait juste de minimiser ces derniers en ne racontant, par exemple, que les grandes lignes. Cain n’était sans aucun doute pas au courant, mais il était le premier qui entendait un récit pas si éloigné de la part de Niven à propos de soi-même.

Ledit John apporta les plats et les deux britanniques se turent quelques instants à l’exception d’un rapide « bon appétit » afin de goûter ce qu’ils avaient commandés. Niven avait opté pour un plat relativement simple : du riz blanc et un chili con carne. Plat qu’il adoré en hivers puisque chaud et épicé.

Il en gouta une cuillère avant de relever les yeux vers Cain qui semblait attendre une réaction de sa part.

« Hm…délicieux ! Tout ce que je rêvais ! »

Il mangea quelques minutes en silence savourant le repas alors qu’ils avaient attendus si longtemps à l’intérieur de la galerie d’art, affamé.

« Vous disiez chercher à vous lancer dans le roman, n’est-ce pas ? Quel genre ? Du moment qu’il n’y a pas trop de chiffre et de graphique, j’y jetterais un coup d’œil avec plaisir. » Interrogea-t-il tout en continuant de manger.

A présent, il se sentait tout à fait satisfait. Si la soirée n’avait pas forcément mal commencé, elle avait, au premier abord, semblait ennuyante mais à présent, il avait une discussion intéressant, un bon petit plat et était au chaud. Il ne pouvait pas demander plus.
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